Scène conventionnée d’intérêt national - art en territoire
ICI, MAINTENANT
février > juillet 2026
Ici, maintenant, revenons sur deux publications récentes qui résonnent particulièrement avec la période et soulignent l’extrême fragilité dans laquelle la vie associative, artistique et culturelle se trouve désormais. En premier lieu, faisons écho à la nouvelle enquête de l’Observatoire des libertés associatives, parue le 12 février 2026 sous le titre « Neutraliser le monde associatif ». Celle-ci revient sur la forte émergence d’un impératif de neutralité
associatif qui, bien qu’extra-légal, entrave le rôle démocratique des associations. Ce rapport, rédigé par des personnalités du monde de la recherche et sur la base de cas concrets, démontre que cette tendance de neutralisation du monde associatif s’inscrit dans le cadre d’une offensive politique plus
générale : l’impératif de neutralité y est utilisé pour affaiblir les contrepouvoirs démocratiques que sont la justice, les médias, la recherche scientifique ou encore l’éducation. Le rapport montre combien cette petite musique trouve de plus en plus de résonance au sein de l’État et des collectivités publiques, dans un contexte où la confiance dans la parole politique est fragilisée et où les associations peinent à défendre leur autonomie politique et leur capacité critique.
À quelques jours d’intervalle, le cinéaste Xavier Dolan publiait une tribune dans Le Monde, datée du 19 février 2026, en réaction au refus des membres du jury de la Berlinale de commenter la situation palestinienne. Sous le titre « D’où vient l’idée que les artistes devraient rester en dehors de la
politique ? », Xavier Dolan défend la participation des artistes à la construction du sens collectif et donc à la vie de la cité. Puisqu’ils sont justes et simples, reprenons ici ses mots : « Dans une époque de surdité et d’aveuglement, l’art impose l’écoute de la communauté. Il la rend visible et, en même
temps, lui rend la vue. Il illustre ses griefs, ses complaintes, pose pour elle ses questions, en cherche les réponses à coups de peintures, de chants et d’images. Il organise et tend au bien, au soin de la société. Il n’a jamais été et ne sera jamais – au grand dam des faux dieux, des élus égocentriques et des bandits qu’il affiche et dénonce – apolitique. » Ces deux publications rappellent combien la liberté, la démocratie, la participation à notre devenir commun sont aujourd’hui fortement fragilisées.
Aussi, dans un temps bousculé, où nous peinons à envisager la complexité du moment, comment ne pas parvenir à considérer qu’il y a urgence à se parler, avec toutes les voix, tous les avis et toutes les expertises. Que se parler, c’est faire de la politique et accroître notre capacité d’agir. Il est indispensable que les personnes engagées dans les arts, la recherche, les sciences, l’enseignement, la pensée, la critique soient, absolument et sans
condition, invitées à contribuer à la fabrique de la société. Il est sain que les a priori soient bousculés, le statu quo critiqué, les autorités discutées :
c’est là une liberté fondamentale. La politique, étymologiquement, concerne la vie collective de la cité : il nous faut refuser que certains et certaines en soient exclus pour que d’autres en deviennent les garants et les propriétaires. Il faut encourager au contraire la participation de toutes et tous à la construction de leur devenir et faciliter le dialogue rendu absolument nécessaire.
Avec celles et ceux qui nous accueillent dans notre itinérance, nous irons cueillir l’avenir. Au grand air, nous chercherons alors à faire surgir les paroles libres et émancipées !
Qu’il soit toutes et tous remerciés de cette main tendue, pour qu’ici, vive une utopie de proximité :
La communauté de communes Comtal, Lot et Truyère
Les communes d’Asprières, Livinhacle-Haut, Villefranche-de-Rouergue, Entraygues-sur-Truyère, mais aussi Andilly, Bessouéjouls, Golinhac,
Gréalou, Jongieux, La Romieu, Limogne-en-Quercy, Montredon, Queyrières, Saint-Alban-surLimagnole, Saint-Julien-Chapteuil, Saint-Julien-Molin-Molette.
Les partenaires institutionnels de toujours : le ministère de la Culture – Drac Occitanie, la région Occitanie, le département de l’Aveyron ; plus
récemment, l’ANCT, la DRAC et la Région Auvergne-Rhône-Alpes ;
Les partenaires culturels et associatifs l’ONDA, l’OARA, La Grande Confluence – l’Essieu du Batut, l’Agence française des chemins de Compostelle,
l’ADMR du pays capdenacois ;
Les partenaires du parcours Fenêtres sur le paysage ;
Les bénévoles, les adhérents et administrateurs de Derrière Le Hublot ;